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Riche en théine, faible en théine, je bois quoi ?
Il y a cette croyance qui circule sur la teneur en théine des thés verts et des thés noirs. J’entends souvent des gens dirent : « moi je préfère le thé vert l’après-midi, c’est plus léger et on peut en boire autant qu’on veut ». Mais attention, léger ne veut pas dire faible en théine !
Tout dépend du thé vert que vous choisissez. La teneur en théine ne dépend pas de la couleur du thé (noir, vert, sombre, bleu-vert ou blanc) mais de trois éléments importants : la richesse en bourgeons, la période de la récolte et la méthode de fabrication.
Le bourgeon, situé à l’extrémité de chaque tige, est l’élément le plus riche en composés aromatiques, en tanins et en caféine.
Les thés de printemps sont souvent les plus riches en théine parce que ce sont les premières récoltes de l’année et qu’ils sont constitués du bourgeon et des deux premières feuilles. Que ce soient des Darjeeling de printemps, des thés verts primeurs ou certains thés blancs, les feuilles, qui se sont reposées tout l’hiver sont gorgées de théine et de complexes odorants. Non seulement ce sont les thés les plus théinés, mais ce sont également les plus aromatiques !
Il faut savoir que la caféine, découverte en 1820 dans le café, est la même molécule que la théine du thé. Donc quand on parle de théine et de caféine, on parle de la même chose. Mais il faut ajouter qu’un café est tout de même 2 à 3 fois plus riche en caféine qu’un thé :
Voici la teneur en caféine moyenne pour une tasse (1 mug)
Boisson mg
Café filtre 145
Café soluble 107,5
Café expresso 77
Thé 47
Si vous recherchez des thés faibles en théine, il faut choisir des thés composés de feuilles
basses, de tiges ou les thés torréfiés. Parmi ceux-là, les bancha, les hojicha (torréfiés), les karigane (thés de tiges).
Les thés fumés (constitués de feuilles basses) sont également faibles en théine bien que forts en goût.
La plupart des Pu Er (bien qu’on trouve de plus en plus de Pu Er constitués de bourgeons, certainement une nouvelle mode)
Les Wu Long sont aussi réputés pour être des thés d’après-midi mais certaines études montrent qu’ils ont parfois un taux de théine élevé. C’est leur préparation au gongfucha avec les infusions rapides et successives qui doit faire qu’ils sont plus faibles en théine.
Vous pouvez également déthéiner votre thé vous-même. Sachant que la théine du thé se libère dans les premières secondes d’infusion, il vous suffit de faire infuser votre thé durant 20 secondes puis de jeter la première liqueur avant de l’infuser à nouveau. Ainsi, vous aurez un thé très faible en théine et pourrez vous faire plaisir avec vos thés préférés toute la journée !
Thé en sachet ou thé en vrac ?
Il y a ceux qui n’achètent que du thé en vrac et ceux qui prennent toujours leur thé en sachet. Ces derniers vous diront que « c’est plus simple », qu’avec le thé en vrac les feuilles se coincent dans le bec de la théière. Les premiers diront que le thé en vrac a bien meilleur goût, qu’au moins « on voit ce qu’on boit », parce que quand on ouvre un sachet de thé, on a parfois des surprises !
Oui, le thé en sachet c’est pratique, ça permet de se préparer un thé rapidement, c’est simple d’utilisation car un sachet = une dose et on n’a plus qu’à le retirer de la tasse quand c’est prêt. L’inconvénient c’est que le choix est restreint et que la qualité des thés laisse souvent à désirer. Mais pour ceux qui l’aiment avec du sucre ou du lait, c’est une option louable.
Le thé en vrac à l’avantage d’offrir un choix plus vaste. Parmi les thés d’origine ou les mélanges parfumés, on trouve presque tout ce qu’on veut, que ce soit une couleur de thé (vert, blanc, noir), un pays d’origine (Sri Lanka, Chine, Turquie) ou un arôme (chocolat, pomme, rose). L’inconvénient c’est qu’il faut savoir comment faire entre le dosage et la préparation.
Quelques astuces pour la préparation du thé en vrac :
La boule à thé : à proscrire ! Elle emprisonne les feuilles de thé qui ne peuvent pas se déployer suffisamment. Pour une infusion optimale, il faut que la feuille puisse s’épanouir et qu’il y ait un maximum de contact entre la surface de la feuille et l’eau. En plus, les boules à thé sont toujours difficiles à ouvrir (moi j’en mets toujours la moitié par terre !).
Le thé en vrac directement dans la théière. C’est ce qu’il y a de mieux mais pour que ce soit bien il faudrait avoir une seconde théière pour y verser la liqueur une fois le temps d’infusion atteint. Sinon, les feuilles restent dans le fond de la théière et à la fin on a quelque chose de très amer et d’imbuvable (qui n’a pas fait la grimace en buvant le thé au jasmin du restaurant chinois ?).
Le thé au gongfucha ou au kyusu. C’est l’idéal. Petit inconvénient si vous avez une théière en terre de Yixing : il faut la réserver à une seule famille de thé . Si vous préparez des mélanges parfumés, préférez une petite théière en porcelaine. L’avantage c’est que la contenance est petite et vous pourrez y faire des infusions successives. A plusieurs, c’est très convivial et beau à voir.
Le verre avec infuseur, mon ustensile préféré ! La dimension du contenant (environ 30cl) est parfaite pour une personne. Quand on veut se préparer un thé rapidement, il n’y a qu’à mettre la dose de thé, environ 6g (petit rappel : 2g/10cl), rajouter l’eau chaude, retirer le filtre au bout de quelques minutes et le tour est joué !
Les filtres papier. Pour ceux qui tiennent à leur 1L de thé le matin (eh oui, les réveils sont difficiles) ou leur 1L de thé l’après-midi (eh oui, faut tenir le reste de la journée), le filtre papier s’avère utile. Dans plusieurs enseignes de thé vous trouvez ces filtres à usage individuel, non chlorés et sans odeur. Ils permettent à la feuille de s’ouvrir complètement, n’altèrent pas le goût de la liqueur et il ne reste plus qu’à le retirer au bout du temps indiqué.
En fin de compte, à chacun sa méthode. Que vous le buviez froid, chaud, sucré ou non, avec du lait, noir ou vert, en vrac, en sachet ou en poudre, le thé c’est avant tout du plaisir et il en faut pour tous les goûts !
Le thé vert est-il amer ?
Certains ne jurent que par le thé vert pour ses qualités anti-oxydantes vantées dans les magazines. D’autres sont catégoriques et vous diront qu’ils détestent le thé vert qu’ils trouvent trop amer.
Amer le thé vert ?!
D’après une étude de la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement), 80% du thé bu dans le monde est du thé noir, ce qui montre bien qu’une grande majorité préfère le thé noir. Est-ce par goût, par habitude ? Ou par méconnaissance ? En effet, de par leur manufacture, les feuilles de thé vert sont plus fragiles que celles des thés noirs et les préparer demande plus d’attention.
Un conseil : ressortez le paquet de thé vert que vous avez rangé au fond de votre placard et faites-le infuser 2 minutes à 70°C (un tiers d’eau froide et deux tiers d’eau bouillante). Vous redécouvrirez toutes les saveurs du thé vert, l’amertume en moins. Et surtout, inutile d’attendre que votre infusion soit brune, la liqueur d’un thé vert va du jaune paille au vert profond mais ne sera jamais chocolat !
Et en plus d’avoir des vertus pour la santé, le thé vert c’est surtout une palette aromatique très large qui évolue entre fraîcheur et intensité sur des notes végétales, pain grillé, fruits à coque, marines et même iodées pour certaines origines. Le thé vert ? À redécouvrir !
Pourquoi choisir un thé BIO ?
Avec l’accroissement et la diversification de l’offre, on entend de plus en plus parler de thé biologique. Mais est-ce uniquement un phénomène de mode ou a-t-on raison de se soucier de ce qu’on a dans la tasse ? Allons voir de plus près ce qui se cache derrière ce label.
Dans l’agriculture dite conventionnelle, l’utilisation de produits chimiques est de plus en plus courante. En plus d’appauvrir les sols, abîmer l’environnement et détruire la pollinisation, les engrais, pesticides et herbicides sont néfastes pour la santé de l’homme. En effet, des produits phytosanitaires parfois très toxiques sont employés dans les plantations et peu de contrôles sont effectués à l’arrivée des thés en France. Le thé peut alors contenir de dangereux résidus toxiques comme des pesticides, fongicides, métaux lourds et matières radioactives !
Le BIO c’est quoi ?
L’objectif de l’agriculture biologique c’est de produire dans le respect de l’environnement, en prenant soin à la fois du sol et de l’homme. Les thés issus de l’agriculture biologique sont cultivés sans engrais ni produits chimiques et les producteurs garantissent des conditions de travail minimales à leurs employés. Les différentes étapes de production, de préparation et d’emballage sont certifiées et font l’objet de contrôles réguliers par un organisme indépendant et agréé par le ministère de l’agriculture.
Les avantages du bio pour la santé :
- Pas de pesticides.
- Pas d’OGM.
Les avantages du bio pour l’environnement :
- Ne contamine pas les sols.
- Moins de gaz à effet de serre.
- Permet un meilleur entretien de la biodiversité.
Comment identifier un produit BIO ?
Plusieurs labels :
Le label AB ( Agriculture Biologique) garantit que le thé est composé d’au moins 95% d’ingrédients issus du mode de production biologique et qu’il respecte la réglementation en vigueur en France (la tolérance de 5% s’expliquant par le fait que certains produits n’existent pas en bio – ces 5% sont néanmoins très contrôlés).
Ecocert est un organisme de certification agréé qui garantit que le thé est issu de l’agriculture biologique, il est utilisé pour la commercialisation des thés en Europe.
Le logo européen est obligatoire depuis le 1er janvier 2010 sur les produits provenant de l’agriculture biologique. Comme le logo AB, le logo européen garantit qu’au moins 95% des ingrédients du thé sont issus de la production biologique.
L’alternative aux thés biologiques ?
Consommer des thés biologiques c’est la garantie d’avoir dans sa tasse une boisson saine et sans pesticides, mais tous les producteurs n’ont pas les moyens de faire certifier leurs thés. Certains jardins utilisent des méthodes traditionnelles, sans produits chimiques. On trouve alors autour des théiers une diversité de plantes spécifiques qui participent soit à la composition du compost soit à l’éloignement des parasites. La présence d’insectes dans une plantation de thé est, en général, le signe d’une agriculture dite « organique », respectueuse de son environnement. C’est souvent le cas de petites exploitations qui, bien qu’elles n’utilisent pas de produits chimiques, n’ont pas le label AB. En choisissant ces thés, vous pourrez également bénéficier de leurs vertus en toute tranquillité.
Il n’existe pas de label ou de mention particulière pour ces thés mais vous verrez parfois sur l’emballage les termes : commerce équitable, agriculture organique, biopesticides. Les thés rares (récoltes de printemps, grands crus) sont également souvent issus de ce type d’agriculture.
Les boutiques qui proposent des thés BIO
Lov Organic
Les jardins de Gaia
HumaniThé
Iteabio
Bio-thés
Teekampagne
Dégustation de Pu Er chez Terre de Chine
Quand on est amateur de thé, on veut toujours en savoir plus. Et ce n’est pas facile de s’y retrouver entre les blogs, les livres, les avis des vendeurs en boutique, etc. Alors le mieux c’est d’essayer plusieurs thés différents et de suivre des cours.
Chez Terre de Chine, vous pouvez réserver une dégustation de thés à partir de deux personnes auprès de la responsable des lieux. Au choix, les Pu Er, les wu long ou les thés verts. Nous avons choisi d’approfondir notre connaissance des Pu Er et l’atelier s’est déroulé autour de deux Pu Er sheng (crus) et un shu (cuit).
Après une brève présentation de cette famille de thés, nous avons revu ses origines et sa méthode de fabrication en images grâce un film qui retraçait les différentes étapes du processus de manufacture. Originaire du Yunnan, une province du sud-ouest de la Chine, le Pu Er est cultivé dans des régions où il fait chaud.
Les deux Pu Er sheng que nous avons goûtés sont issus de la région de Lin Cang, une des trois régions productrices de Pu Er, et ont été récoltés sur des arbres sauvages à grandes feuilles (da ye).
Manufacture :
- récolte des feuilles : 1 bourgeon + 2 feuilles
- flétrissage à l’air libre dans des pièces couvertes, les feuilles sont posées sur des claies et remuées régulièrement pour ne pas qu’elles fermentent
- passage rapide au wok à 60°C
- dessiccation au soleil
- formation des galettes par un procédé mécanique
Le Pu Er Shu (cuit) que nous avons goûté provenait de nouveaux théiers à petites feuilles, les arbres sont également taillés et non pas laissés à l’état sauvage. Il s’agit d’un thé dont la fermentation a été accélérée par la main de l’homme tandis que le cheng (cru) fermente lentement et naturellement une fois en galette.
Manufacture :
Après la 1ère étape décrite plus haut (jusqu’à la dessiccation au soleil)
- les feuilles sont humidifiées puis placées dans une grande pièce avec un drap en lin qui les recouvre (pour la fermentation)
- Passage rapide à la vapeur et mise en galette
- séchage
Il faut savoir que le Pu Er est le seul thé qui se bonifie avec l’âge. C’est particulièrement vrai pour les Pu Er cheng (cru) qui continuent à fermenter et dont les complexes aromatiques évoluent d’année en année.
Dégustation des 3 thés :
TH 262 Pu Er Sheng cha 2009
Provenance Lin Cang, mars 2009, théiers sauvages Da Ye 50-80 ans
Préparation : 20cl / 7gr / 30s / 95°C
Prix : 34,50 euros les 200g
Très rond en bouche, texture souple, saveur umami, les notes animales sont présentes en attaque avec des notes végétales et légèrement fruitées (fruit jaune) puis des notes champignons et une fine astringence en fin de bouche. A noter une note métallique qui peut déranger.
TH 260-09 Pu Er Sheng cha 2009
Provenance Lin Cang, mars 2009, théiers sauvages Da Ye 500 ans (une seule cueillette par an)
Préparation : 20cl / 8gr / 1min / 95°C
Prix : 70 euros les 200g
Texture onctueuse, des notes végétales et agrumes en attaque associées à des notes sous-bois/champignon et des notes animales qui suivent. Une fine astringence qui vient apporter de la longueur en bouche. Un bel enchaînement des notes et surtout un bel équilibre des parfums.
TH 264-09 Pu Er Shu cha 2009
Provenance Yi Wu, mars 2009, théiers Xiao Ye
Préparation : 20cl / 8gr / 40s / 95°C
Prix : 14 euros les 100g
Belle rondeur, texture souple, des notes sous-bois champignon très présentes, légèrement animal et épicé. Moins complexe que les deux autres.
L’atelier était très intéressant et la maîtresse des lieux a pris son temps pour répondre à toutes nos questions. Déguster trois thés est largement suffisant, cela permet de rentrer dans les détails et de les comparer. Mais le monde des Pu Er est tellement complexe…
Pour plus d’informations :
Mais aussi un spécialiste du Pu Er :
Règles de base pour la préparation du thé
Afin de bien démarrer l’année, révisons les bases de la préparation d’un bon thé.
Pour cela, rien de plus simple, il faut : de l’eau chaude et du thé (en sachet ou en vrac).
Mais pour profiter au mieux des arômes et des bienfaits du thé, il y a 4 règles à respecter :
- la qualité de l’eau (eau filtrée)
- le dosage du thé (2g/10cl)
- la température de l’eau (entre 50 et 95°)
- la durée de l’infusion (entre 2 et 6 min)
La qualité de l’eau est très importante. L’eau du robinet, si elle est calcaire ou traitée, est « dure » et apportera quelque chose d’ « anguleux » au thé. Une eau minérale en modifiera le goût. Idéalement, il vaut mieux utiliser une eau faiblement minéralisée ou filtrée qui n’altérera pas les parfums du thé.
Le dosage est essentiel. Il faut compter environ 2g de thé par 10cl d’eau pour une préparation à l’occidentale. Que ce soit dans une tasse individuelle, un mug ou dans une théière, comptez environ une mesure à thé (ou une cuiller à café ) rase pour un thé dense ou bombée pour un thé volumineux par 10 cl.
Plus le thé est fragile, plus la température de l’eau doit être faible. Une eau bouillante brûlerait les feuilles de thé et détruirait leurs principaux arômes :
Thé blanc ………………………50 à 70°C
Thé vert primeur………………70°C
Thé vert…………………………75°C
Darjeeling de printemps………75°C
Thé semi-fermenté………………95°C
Thé noir…………………………80 à 90°C
Thé sombre (Pu Er)………………95°C
La durée d’infusion varie en fonction du type de thé et de votre goût. Attention, la couleur de la liqueur ne doit pas forcément être foncée. La liqueur d’un thé blanc sera très claire, presque transparente, celle d’un thé vert peut être jaune paille.
En règle générale, plus vous laissez infuser un thé, plus il développera de l’astringence ou de l’amertume et moins vous apprécierez la finesse des arômes.
Thé blanc ………………………4 à 6 min
Thé vert primeur………………2 à 3 min
Thé vert…………………………3 à 4 min
Darjeeling de printemps………2 à 3min
Thé semi-fermenté……………5 min
Thé noir…………………………4 min
Thé sombre (Pu Er)…………….4 min
Bonne dégustation à tous !
Mais qu’est-ce que le thé ?
Bon nombre d’entre nous pensent qu’un thé c’est de l’eau chaude parfumée. Certains englobent même dans ce terme les herbes médicinales, tisanes, décoctions de fleurs et autres. Pourtant, la seule chose que l’on peut véritablement appeler thé provient d’une plante : le Camellia Sinensis. Qu’il soit vert, noir, blanc, bleu, jaune ou sombre, le thé vient toujours de la même plante. Seul le processus de manufacture de la feuille détermine sa couleur.
Ce fut la grande découverte de Sir Robert Fortune au 19ème siècle. Alors que les anglais sont de grands importateurs de thé noir, ils décident d’en cultiver pour leur consommation personnelle. A l’époque, la Chine est le seul pays à exporter la boisson tant convoitée et le mystère demeure quant à sa fabrication. L’Angleterre décide alors d’envoyer un espion enquêter sur les secrets du thé. Durant plusieurs années, déguisé en mandarin, Sir Robert Fortune voyage à travers la Chine, rapportant graines, plants et techniques de culture et de manufacture. C’est au cours de ce périple qu’il élucide un secret gardé par les chinois depuis des millénaires : thé vert et thé noir proviennent de la même plante ! En effet, le thé noir qui arrive en occident n’est autre que du thé vert qui s’est oxydé au cours du long voyage entre les deux continents.
- Sir Robert Fortune dans « Les aventures de Robert Fortune »
- Camellia Sinensis
L’île au thé
Ceylan ? c’est où ça ? Perdue à l’extrême sud-est de l’Inde, cette île au nom à la fois exotique et familier évoque les éléphants, la Nature sauvage et le thé ! Mais oui, vous avez tous déjà bu un thé de Ceylan, non ? Ce goût puissant, ces arômes vifs, cette couleur ambrée.
Ancienne colonie anglaise, Ceylan était réputée pour ses plantations de café qui recouvraient l’île, mais en 1869, un parasite ravagea les caféiers. Sur l’exemple de James Taylor, le premier à avoir planté des théiers, les propriétaires terriens se tournent alors vers la culture du thé. Depuis, Ceylan devenue Sri Lanka en 1972 est un des premiers pays producteurs de thé au monde et offre parmi les meilleurs thés noirs du marché. Essentiellement situées au sud le l’île, il existe trois types de plantations, low grown (moins de 600 mètres), medium grown (de 600 à 1200 mètres) et high grown (entre 1200 et 2200 mètres) et six grandes régions productrices dont Dimbula, Uva et Nuwara Eliya. C’est au cœur de ces régions que vous découvrirez la beauté des jardins de thé tels que Kenilworth, Clarendon ou encore Torington. Alors, si vous n’avez pas trouvé votre prochaine destination de vacances, pensez aux jardins enchanteurs de « l’île au thé » !
Une feuille de thé tomba du ciel
Certains pensent que c’est une légende, d’autres vous diront que ça s’est vraiment passé comme ça. Il y a bien longtemps, dans une contrée reculée de Chine, l’Empereur Shen Nong régnait en bon souverain. Soucieux de ses sujets, il aurait inventé l’agriculture afin que chacun puisse subvenir à ses besoins. Tandis que les hommes labouraient les champs, les femmes tissaient à la maison et tout le monde vivait en harmonie dans un monde sans guerres. Mais les épidémies ravageaient le pays…
Ne supportant plus de voir ses sujets souffrir, Shen Nong commença à faire des expérimentations sur son propre corps. Grâce à son buste transparent, il pouvait observer les effets directs des plantes sur son organisme. Tout au long de sa vie, il consomma une multitude de plantes, cherchant à définir leurs propriétés médicinales, et fut l’inventeur du premier traité de pharmacopée. Par ailleurs, pour la santé du peuple, il conseilla de boire uniquement de l’eau bouillie. Or, un jour, après avoir absorbé du poison, il s’installa sous un arbre pour se reposer, une tasse d’eau chaude à la main. C’est alors que la brise y déposa une feuille de thé. Shen Nong but le breuvage coloré et fut guéri sur le champ ! Voilà comment il découvrit le thé. Alors, mythe ou réalité ?



















